Le Syndrome de POSEIDON

Publié le 11 janvier 2013 dans les empoisonnements psychiques

Sommaire

1°) Signes Cliniques et Symptômes

– La forme dite Fusionnelle

  • Existe-t-il une forme fusionnelle sublimée, motrice ?

– La forme dite Autoritaire

  • Existe-t-il une forme autoritaire sublimée, motrice ?
  • La forme Alternée : fusion/autorité

2°) La Didactogénie

3°) Le Profil de l’Entité M

4°) La Systémique Entité M

– Description d’une systémique

– Travail sur la transmission

  • Travail sur la reconnaissance

 Conclusion : Poséidon/Poison

 

 

 

maltraitance psychologique

Poséidon reçut en partage l’empire des mers.

C’est dans le spectacle de la mer déchaînée que l’imagination des Grecs a pris les traits dont elle a peint Poséidon sous sa face terrible et impétueuse ; elle lui donne des cheveux de couleur sombre, une vaste poitrine ; elle vante sa vigueur indomptable, sa voix puissante, ses yeux qui brillent d’un éclat glauque, son manteau d’azur. Sa nature est essentiellement batailleuse et son humeur envahissante…Serge Jodra 

 

Le Syndrome de Poséidon

 

Le personnage de Poséidon a été choisi pour les luttes d’influences qu’il incarne, sa souveraineté impitoyable, l’univers immergé qu’il contrôle. Poséidon, Dieu de la Mer, est invoqué ici en tant qu’entité matricielle ou matrice. Littéralement, la matrice est un élément qui fournit un appui ou une structure. Elle sert à reproduire ou à construire. Dans le domaine de la technologie, elle correspond à une sorte de moule, à l’empreinte d’une pièce destinée à être créée.

Dans le Syndrome de Poséidon, la « matrice » façonne à son image. Cette notion d’empreinte est capitale.

Nous nommerons ici la matrice : « Entité M ».

L’Entité M désigne le père et/ou la mère mais aussi tout tuteur ou organisme tutélaire. Il peut s’agir également d’un ou plusieurs membres de la fratrie.

 

Le syndrome de Poséidon présente un ensemble distinctif, autonome, de signes cliniques et de symptômes. Il renseigne sur la nature perverse d’une relation parent/enfant entraînant un ou des troubles traumatiques du développement

Ce travail a pour objet l’analyse d’une forme d’emprise psychologique sur la personne.

Il est essentiel de sensibiliser le maximum de gens à cet abus de pouvoir. Il est important de prendre conscience de sa dangerosité, de mesurer la perversité de ses effets moteurs la plupart du temps dévastateurs et de réfléchir également à une re-gradation possible.

Le syndrome de Poséidon est comparable à une sorte de violation de domicile. Il témoigne de l’occupation abusive d’un territoire par l’Entité M.

Le territoire, c’est celui de l’enfant. Plus exactement, celui de son psychisme.

Dans le cas d’une évolution harmonieuse, le psychisme, c’est-à-dire l’ensemble de tous les processus relevant de l’esprit, de l’intelligence et de l’affectivité, tend vers l’accomplissement de sa maturité. Il développe ainsi chez l’individu une capacité à faire des choix en dehors du cercle familial.

Lorsque ce territoire psychique est annexé dans le cadre d’une dépendance, l’enfance est assiégée.

L’expression d’un tel syndrome révèle par-dessus tout une quête de liberté intérieure.

Il crie la captivité de l’être, son impuissance à exister par lui-même et pour lui-même.

Le royaume de Poséidon réside « sous la mer ». l’expression allégorique « syndrome de Poséidon » parle d’une enfance submergée, captive d’un royaume dont Poséidon est le maître.

Sous différentes formes (fusionnelle, autoritaire ou alternée), le syndrome de Poséidon révèle une manipulation tyrannique dont la nature vampirique, au mieux,  rassure l’enfant, l’anesthésie, au pire, soumet sa volonté jusqu’à l’anéantissement de l’être.

Ce syndrome dévoile une Entité M qui construit l’enfant à son image, dans un désir d’extension de soi : mon enfant, ma nouvelle frontière. Il met en lumière une détermination à prolonger un règne autocratique à travers sa descendance, parfois même au-delà de la mort de l’entité.

L’Entité M satisfait son désir de toute puissance dans le contrôle d’un être en devenir, désarmé. L’altérité est d’autant plus facilement écrasée et niée.

Le sceau de l’Entité M aliène, marque structurellement l’individu, instaure un lien pernicieux, nuisible au développement de la sexualité de l’enfant, transgressif parfois jusqu’à l’inceste : l’enfant, porteur de cette royale semence.

Cette emprise, quelle qu’en soit la forme, peut conduire l’individu au suicide (1).

 

1°) Signes cliniques et symptômes

La forme dite Fusionnelle

 Sous la forme fusionnelle, le comportement du sujet est calqué sur celui de sa matrice.

Dans sa félonie, la machine à séduire se veut initiatrice.

L’enfant est mis au diapason. Il est consentant.

Il fait UN avec son créateur.

La communication entre Créature et Créateur est assez limitée car le libre arbitre de l’enfant est altéré.

On peut voir fréquemment une Entité M qui s’exprime à la place de l’enfant ou un enfant qui ne communique plus qu’à travers les mots de sa matrice.

Ici, le naturel désir d’autonomie du jeune reste à l’état embryonnaire. L’enfant est habité, aliéné à L’Entité M. et son aliénation est d’autant plus perverse qu’elle semble  « librement » choisie.

Ses habitudes, ses goûts, ses loisirs, ses émotions esthétiques, ses choix, ses projets sont inféodés à l’Entité M qui installe son pouvoir dans la durée.

Docile, le jeune ne prendra aucune initiative sans l’agrément de son Entité dont le mode de fonctionnement est omniprésent.

Plus tard l’Autre, compagnon ou compagne, ne sera jamais que le second à être consulté.

Il s’agit sans doute de la forme la plus perverse de l’emprise.

Le danger de la forme dite fusionnelle réside en ce qu’elle implique l’absence de revendication identitaire propre.

La créature s’identifie à son créateur.

La crise d’adolescence n’apparaît pratiquement pas.

L’Entité M s’impose comme un modèle admirable et désiré.

Le jeune, ici, n’est pas pris en compte pour lui-même.  Il n’est que la propriété de son maître, le fruit d’un sentiment d’orgueil et de vanité, d’un amour de soi surdimensionné.

Nous reconnaissons cela à certaines formules ordinairement employées par l’Entité M  « Il (elle) est comme moi (mon clone)… », « Moi, mon fils (ma fille) », « moi non plus je n’aimais pas le sport »,

Ces expressions traduisent une identification positive ou négative.

L’envahissement de l’Entité M se révèle, par ailleurs, insidieusement dans l’expression du corps ou du regard. le conditionnement peut atteindre ainsi des sommets de perfection.

La peur d’être abandonné par l’Entité M est une des caractéristiques essentielles de la forme fusionnelle. Les mécanismes de défense mis en oeuvre ici peuvent aboutir à une  véritable narcotisation, une réaction systématique de fuite.

Cette peur d’abandon semble aussi entraîner une peur existentielle du conflit qui fait glisser peu à peu le sujet vers une sorte d’inertie généralisée. Elle peut se traduire par l’immobilisme professionnel, relationnel, etc…

Tant que l’emprise est dissimulée à la conscience, le schéma matriciel nucléus est transposable. Il suffit pour cela que l’Entité M décède ou s’éloigne.

Mais cette Entité peut aussi n’admettre aucune copie. Perdre sa matrice revient alors à se perdre soi-même. Surgissent des angoisses nourries d’un sentiment de solitude ou de vide absolu. On assiste là à une sorte d’interruption temporelle. Suivant le degré de dépendance, le choc peut provoquer un état d’errance partielle ou totale.

Peut-être à cet instant détenons-nous un « passage ».

Peut-être, à cet instant devient-il possible d’éveiller le patient à lui-même.

 

 

Existe-t-il une forme fusionnelle sublimée, motrice ?

La relation Maître / Élève, Gourou / Disciple, peut représenter pour l’individu une condition favorable à son évolution, un éveil à autrui, à ses racines, à son milieu, à la nature, en un mot à une conscience nouvelle.

Cette expérience relationnelle peut se révéler constructive pour l’individu et lui permettre de prendre sa place dans une communauté quelle qu’elle soit.

Dans le cas de l’emprise exercée par l’Entité M, il y a un bémol. Son action est résolument prédatrice. Certes, le jeune individu peut avoir l’illusion d’être porté, protégé, enveloppé mais il reste « séquestré ». l’Entité l’investit à son seul profit.

Tôt ou tard, la dégradation survient.

 

 

La forme dite Autoritaire

La forme autoritaire de ce syndrome est sans doute la plus douloureuse pour la personne.

Les pressions continues, exercées année après année sur le jeune sujet, mettent à mal son système nerveux et en font un futur adepte de la chimie en relais.

Contrairement à la forme fusionnelle, la forme autoritaire place les jeunes individus à la merci de violences épisodiquement libérées, ou perpétuellement contenues par une Entité M, imbue d’elle même et dont la personnalité despotique piétine et broie les enfants en son pouvoir.

Ces jeunes individus vivent dans un univers de dévalorisation active. Ils sont déclarés, la plupart du temps, éminemment réactifs, quasi asociaux.

Les états limites du syndrome Bordeline nous paraissent correspondre au plus près de cette description: Ces patients n’entrent ni dans le groupe des névrotiques ni dans celui des psychotiques, pas davantage dans celui des déséquilibrés. L’élimination de ces trois groupes constitue une base de départ .

Joel Paris dans l’American Psychiatric Press décrit ainsi le syndrome Bordeline : Les relations avec autrui sont intenses mais orageuses et instables avec des difficultés à maintenir des liens intimes étroits.

Sous cette forme, l’emprise psychologique de l’Entité M est visiblement dévastatrice.

Plus tard, ces sujets reproduiront à leur tour ce mode de fonctionnement. Ils seront nuisibles pour eux-mêmes et toxiques pour leurs proches.

Ils seront nuisibles pour eux-mêmes car fréquemment dans l’excès, si bien qu’ils ne réussiront qu’à faire le vide autour d’eux. Ils se poseront du coup en victimes. Le bourreau sera toujours l’Autre.

Ils seront aussi toxiques pour leurs proches du fait de leur instabilité émotionnelle, en manifestant tour à tour irritabilité, spasmes, anxiété, égarement, détresse, dépression ou excitation…

L’individu envoie ainsi des signaux contradictoires à son entourage qui perd pied. Dans une seule journée, dominent tour à tour colère et rigidité ou laxisme et démission au point de rendre aux autres l’existence insupportable.

Mais, ces êtres instables sont, avant tout, en grande souffrance et donnent l’impression de tourner en boucle dans leur vie, comme s’ils cherchaient à sortir d’une cage virtuelle. Ils ne se contrôlent plus. Ils se sentent agressés en permanence. Ils ont souvent un sentiment de vide et d’ennui impossible à combler.

Leurs périodes de doute, de questionnement sont extrêmement favorables au traitement. Elles facilitent une démarche introspective qui leur apparaît, sur le moment, cruciale. Ils comprennent à quel point ils font souffrir leur entourage.

Ils peuvent aussi, à cette occasion, se trouver dans un état de grand désespoir à cause du sentiment de culpabilité qui découle de cette introspection.

Ils ont besoin d’aide.

Cette phase chaotique ne dure pas. Si on ne parvient pas à agir avant qu’ils ne se « chronicisent » à nouveau (cf les travaux de Claude Virot), ces individus repartent de plus belle dans la tourmente qui les assourdit et, en retour, tourmentent à leur tour.

Tant que l’emprise est dissimulée à la conscience, ces personnes sont porteuses de valeurs idéologiques traditionnelles fortes.

Pontifiants, en quête de reconnaissance, ils cherchent sans cesse à marteler leurs visions du monde, leurs idéaux. La défense de leurs valeurs est sans doute la part la mieux assumée par ces individus s’instituant les dignes représentants de leur classe sociale, de leur statut, de leurs origines.

La pression exercée depuis l’enfance par leur Entité M portent ainsi ses fruits.

Ils finissent donc par adhérer aux valeurs qui leur ont été inculquées. Ils se confortent de leurs privilèges ou de la force motrice de leurs idées.

Mais s’ils défendent ardemment leurs valeurs, le plus souvent à la fanfaronnade, les actions, elles, sont quasi inexistantes. L’anxiété, la peur du vide paralysent généralement tous leurs efforts.

Dans l’histoire de ces jeunes, la crise d’adolescence a été matée, brisée dans l’œuf.

Tout action en vue d’une légitime transformation identitaire à cette période pubertaire a été réfrénée. Maintenu dans une sorte d’état larvaire, l’adolescent n’a jamais pu  faire le deuil nécessaire de l’enfance.

Souvent, ces individus sont enclins à la construction d’une Chapelle (croyance refuge). La chapelle a ici une valeur cultuelle.

Ils sombrent la plupart du temps dans l’addiction :  dépendant physiquement d’une  peine auto- infligée,reproduisant un comportement chargé de plaisir,ils sont mûs par un désir irrépressible ne cédant qu’avec le passage à l’acte qui leur permet de trouver en eux le calme et l’oubli.

 

 

Existe-t-il une forme autoritaire sublimée, motrice ?

On a souvent loué dans l’histoire ces « mains de fer », ces « tyrans éclairés » qui    exercent une autorité impitoyable en vue de la coexistence de plusieurs groupes sociaux ou religieux.

Pour autant, exercer une pression a un prix. Dans l’analyse qui nous occupe, il ne s’agit nullement d’un processus fédérateur au service de la cohésion sociale. Ici, le mécanisme autoritaire enkyste le conflit. C’est  le  pouvoir de la violence qui menace de lâcher ses chiens à la moindre incartade et maintient l’individu dans la peur et l’obéissance.

La forme sublimée de l’autoritarisme n’est autre qu’un système pyramidal déguisé.

 

 

La Forme Alternée Fusion/Autorité

C’est sans doute la forme la plus courante, parfaitement illustrée par l’histoire de la carotte et du bâton.

Fusion et Autorité se réunissent dans le vieux principe sanction/récompense bien connu des institutions et des services éducatifs.

Fascination et maltraitance sont les composantes du syndrome de Poséidon.

Réglée comme du papier à musique, cette double structure peut maintenir longtemps son homéostasie…

C’est l’alternance qui relève du principe de torture.

L’entreprise de fascination que cultive la forme fusionnelle où l’on voit l’Entité M soigner son image, imposer son écrasant et talentueux égo, pourrait se déliter aisément si la factuelle entreprise de maltraitance issue de la forme autoritaire n’intervenait en relais.

Ici on donne pour mieux recevoir car tout est dû à la matrice. 

L’enfant reçoit des signaux contradictoires qui le maintiennent dans l’absence de repères et empêchent toute vision éclairée, cohérente, harmonieuse de l’existence. Le monde est pourri/Je suis seul(e) digne d’intérêt…  Je t’aime/Je ne t’aime plus. Court-circuité en permanence, «bi-polarisé», le jeune se construit sur le paradoxe, sur le clivage du monde qu’il reçoit en héritage. Un continuum de souffrance.

Diagnostic : Handicap 100 %. Médicalisation à vie.

 

 

 

 

maltraitance psychologique

2°) La Didactogénie

Dans le monde de l’éducation, on s’intéresse à la notion de « didactogénie » qui traduit l’influence toxique, psychologique et physique d’un enseignant sur un élève.

La didactopathie se manifeste de plusieurs façons :

  • L’enfant peut verbaliser
  • Il montre une certaine agitation (dégradation de biens, agressivité patente…)
  • Il se mure dans un silence quasi autistique
  • Il en résulte la plupart du temps une perte d’assiduité, un absentéisme partiel ou total.

L’enfant manifeste, au mieux, un dégoût pour la ou les disciplines enseignées, au pire, une aversion pour le corps enseignant, les études, la vie en société… Une tension souterraine prend possession de l’individu.

Il s’agit là d’un véritable traumatisme émotionnel.

Si le jeune ne reçoit aucune aide, il s’ensuit un ancrage négatif de peur ou d’angoisse, étendu à toutes sortes de stimuli.

Il est possible de détecter ces procédés didactogéniques à certaines formules invariablement employées par l’enseignant : il y a deux sortes d’enfants, ceux qui sont tombés dans la marmite et… les autres, ou… tu finiras conducteur de train

La notation sous-évaluée est aussi un moyen de briser toute vocation ou toute singularité.

Si la Didactogénie est encore repérable en milieu scolaire, ce comportement délétère est extrêmement complexe à appréhender en milieu familial.

Il arrive que l’Entité M soit à ce point intégrée dans le tissu social que la plupart des psychologues chargés d’enquêter pour l’enfant sur le terrain sont impuissants à dénoncer ses mauvais traitements.

Les Institutions pédo-psychiatriques sont souvent désarmées et se trouvent ainsi dans l’impossibilité d’écarter l’enfant de sa nuisible Entité M. Elles sont donc incapables de le protéger.

 

 

3°) Le Profil de l’Entité

Qui est l’Entité ?

L’Entité M désigne, nous l’avons vu, une entité générique : Le père ou la mère biologique, un membre de la famille, un tuteur, ou tout organisme tutélaire ayant la charge de l’éducation de l’enfant.

Il peut s’agir aussi d’un ou de plusieurs membres de la fratrie. Le cas d’une communauté familiale dans son ensemble est plus rare.

Il semble cependant que les pères tiennent plus fréquemment ce rôle.

Ce constat peut-il s’expliquer par l’épigénétisme comme le pense Thomas Jenuwein ? (2)

Cette hypothèse éclairerait, peut-être, les raisons pour lesquelles, au sein d’une fratrie, certains  sont affectés et d’autres pas.

Ce constat peut-il s’expliquer aussi par une image imposée par une tradition sociale : celle de l’homme- pilier et soutien de famille ? Par une tradition culturelle de l’éducation ? Par une pratique sectaire codifiée par un rituel ?

Il faut entreprendre une recherche susceptible d’éclairer les tenants de cette construction morbide transgénérationnelle car lorsque les pères sont des Entités M, les conséquences se répercutent sur la famille et sur les proches.

Ce qui a pu, au début du mariage, être interprété par la conjointe comme structurant, dynamique, se transforme avec le temps en causes de conflits sans précédents. Des rapports de force s’établissent entre les individus, dégradant aussi la situation familiale.

La mère comme Entité M est moins facilement détectable. Dans le rôle que lui assigne la machine sociale, la mère se trouve plus volontiers au chevet de l’enfant, lui accordant trop, ou trop peu d’intérêt. A l’extrême, ces conduites de vampirisme ou d’indifférence exercent un tel poids sur l’enfant qu’au fil du temps, celui-ci, relié à sa mère par des fils invisibles, se révèle incapable de mener sa vie en dehors du cercle maternel.

La plupart du temps, les Entités M sont, d’un point de vue social bien sous tous rapports . Elles sont, en apparence, irréprochables et donc hautement respectables.

En fait, ces personnes sont souvent des petits chefs mais on les trouve aussi dans les sphères de la haute société. Elles  se définissent eux-mêmes comme les piliers d’une société bien pensante, à haute valeur humaniste (3).

Mentalement rigides, elles ne souffrent pas d’être contrariées sur leurs principes d’éducation. Conservatrices, elles représentent un système de valeurs passéistes et confondent Amour de soi avec Amour universel.

Leur personnalité charismatique, leur idée du bien et du beau les confortent dans leur bon droit.

 

 

4°)  La Systémique de l’Entité M

Description d’une Systémique

Il est fréquent de voir se reproduire une systémique de père en fils.

Une systémique se définit comme un ensemble de parties comprenant des éléments en interaction et contrôlés qui tendent à atteindre ou à maintenir un objectif déterminé. Toute démarche ayant pour but la recherche de ses parties est une démarche  d’analyse des systèmes, ou encore  d’analyse des composants d’un système réunis dans l’exécution d’une tâche.

Travailler avec l’Entité M sur l’une ou l’autre de ces parties est une démarche longue et téméraire car l’ensemble est souvent homéostatique et ne suscite de sa part aucun questionnement.

A aucun moment en effet, l’Entité M ne se remet en question. Quand elle est confrontée au syndrome développé par le jeune individu, elle est donc incapable d’admettre sa responsabilité dans les signes cliniques qu’on lui fait observer. Or, en pérennisant son système, l’Entité M fragilise le jeune chaque jour davantage.

C’est une voie d’accès difficile. Le plus souvent, ses propos expriment un déni  et nous savons que le mécanisme du déni relève d’ un sentiment de honte qui, la plupart du temps, est inavouable pour l’ Entité M.

 

La Transmission

Un premier travail sur l’Entité M peut être éffectué en mode conversationnel sous l’angle du thème de la transmission.

Qu’avons-nous reçu en héritage ?  De quelles vérités sommes-nous porteurs ?  Pour quelles raisons devrions-nous transmettre et qu’avons-nous à transmettre de si indispensable à notre tour ?

En recherchant l’essence même de cette démarche, nous rendons possible l’interrogation sur son bien-fondé.

Nous interrogeons sur la nécessité de transmettre certains systèmes dont la valeur peut être troublée par nos convictions, nos attachements.

Nous questionnons ainsi en polarité : Quel intérêt peut représenter, en réalité, pour ceux que nous éduquons, la transmission de ce que nous nous sommes intellectuellement ou émotionnellement appropriés ?

Qu’avons-nous appris de si essentiel à nos yeux ?

Cet acquis contribue-t-il aujourd’hui à notre épanouissement ?

Il est difficile de dépasser certaines croyances .

C’est à l’instant précis de ce constat que nous pouvons voir les mécanismes qui découlent de l’attachement aux croyances et ses dommages collatéraux.

Nous comprenons alors que les idéologies qui nous gouvernent peuvent brouiller  la transmission claire de l’information, qu’elle soit donnée ou reçue.

L’attention portée à cette notion de transmission  peut contribuer à l’émergence d’une compréhension de l’emprise.

Celle-ci peut être alors perçue comme une évidence par l’individu qui se reconnaît lui-même captif d’un système.

Ainsi, dés la première écoute, la personne victime d’une Entité M est capable, en tant que sous-ensemble obéissant, de saisir le processus d’inclusion dans sa globalité.

 

 

Le désir d’être aimé

Une autre approche porte sur l’observation et la reconnaissance du désir d’être aimé.

Le fait de ne jamais être reconnu ou aimé pour ce que l’on est, entraîne tôt ou tard des troubles manifestes (angoisse, addiction, couardise…)  Le désir d’être aimé ou la peur de ne pas l’être, le désir d’être reconnu ou la peur de ne pas l’être sont au centre des préoccupations de l’individu. Ces quêtes n’engendrent que souffrances.

A l’aide de métaphores, le thérapeute peut réussir à conscientiser le désir d’amour et de reconnaissance comme le besoin d’aliéner à son désir. L’objectif est alors de révéler le sentiment de vanité qui est à l’origine de ce désir.

Les outils thérapeutiques et neurothérapeutiques tels que la régression hypnotique ou l’IMO sont utilisés suivant les dommages aux patients et le degré de leur souffrance.

 

Conclusion: Poséidon/Poison

Notre société fourmille d’êtres marqués du sceau de Poséidon.

Nous pouvons de loin entendre leur tumulte intérieur.

Nous les voyons déambuler tels des fantômes d’eux-mêmes.

Ils sont à l’aise dans les rôles sociaux car ils savent à quel point cela est emblématique pour leur Entité M.

Cependant,  ils se dégonflent comme des ballons de baudruche dès qu’ils sortent de ce rôle social.

Leur quête est douloureuse et fait d’eux des hommes et des femmes qui survivent dans la souffrance de l’inaccompli.

 

 

  1. Des préjudices importants sont aujourd’hui associés à un risque accru de dépression à l’âge adulte : Une équipe de chercheurs canadiens spécialisés en Neurobiologie a passé au prisme de l’Epigénétique le cerceau de 24 victimes de suicide. 12 d’entre eux ont subi des abus sexuels dans l’enfance. Ils ont pu observer une baisse de l’activité d’un gène très important lors d’une réponse à un stress. La libération excessive d’hormones de stress (cortisone, adrenaline) laisse une empreinte sur l’ADN de ces sujets. Par empreinte, il faut entendre une méthylation, soit une réaction chimique qui se produit autour de l’ADN et qui empêche le gène de fonctionner, de s’exprimer normalement.
  2. Thomas Jenuwein
  3. chaque lecteur d’un livre donné aura une interprétation légèrement différente de l’histoire, qui suscitera en lui des émotions et des projections personnelles au fil des chapitres. D’une manière très comparable, l’épigénétique permettrait plusieurs lectures d’une matrice fixe (le livre ou le code génétique), donnant lieu à diverses interprétations, selon les conditions dans lesquelles on interroge cette matrice 
  4. Une certaine conception de l’humanisme selon Pierre-André Taguieff peut amener à voir l’Homme comme un « Être Suprême » ayant le droit et même le devoir de s’approprier la nature et d’en faire une exploitation sans limite.

Ref :  * LES EMPOISONNEMENTS PSYCHIQUES, travaux de Jacques Roque.

* Travaux de Claude Virot

 

Publication: Frédérique Lévi-Chardeau

 Centre DPO Bordeaux Aquitaine – Psychologue Clinicienne –  Membre International Society of Hypnosis –